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LES CLOCHES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

     Deux cloches sonnent dans le clocher de l’église catholique, une grande et une plus petite.
Cette dernière, la plus récente, date de 1923 et a été fondée par la fonderie Georges Ronat de Châlette-sur-Loing, dans le Loiret. Elle porte sur une face l’inscription « Patri et filio et spiritui sancto – Weislingen – Anno Domini – 1923 ». Sur le revers on pourrait distinguer une femme vêtue d’une armure (Jeanne d’Arc?). Selon le site de Robécourt dans les Vosges, consacré à l’ancienne fonderie de la commune, Georges Ronat aurait exercé à Châlette jusqu’en 1938.

     Ce fondeur, qui n’existe plus de nos jours, a réalisé également d’autres cloches dans la région. Celle de l’église luthérienne de Hangviller en Moselle date de 1924, et l’église de Bossendorf dans le Bas-Rhin a inauguré deux cloches de ce même fondeur en 1924, hélas décrochées en 1944 car réquisitionnées pour être fondues, comme beaucoup de cloches de nos églises en temps de guerres.
     Quant à la seconde cloche qui pèse 150 kg, elle est même plus ancienne que l’église. Comment est-ce possible? C’est qu’elle a fait un petit bonhomme de chemin avant de venir s’accrocher à notre clocher. Originaire de Meisenthal en proche Lorraine, elle a été vendue à un certain M. Bour, fondeur, à raison de 3 francs le kg, qui l’a revendue 2,50 francs le kg à « la Chapelle de Weislingen, annexe de Tieffenbach ». A Meisenthal elle a sonné pour la dernière fois en août 1890, au baptême de Félix Bernard Eich, fils de Jacques Eich, forgeron, et de Marie Hélène Doerflinger son épouse.


     Fondue en 1812 par Johann Ludwig Edel (*) de Strasbourg, cette cloche est donc la doyenne des cloches de notre village (**). Elle est marquée de l’image de Notre Dame portant l’enfant Jésus dans ses bras et de celle de Notre Seigneur sur la croix, ayant à sa droite la Sainte Vierge et à sa gauche Marie Madeleine. Tout autour de sa base est écrit « Zu Ehre Gottes, unter Anrufung der Geburt des Allerheiligsten Jungfrau Maria, Patronin dieses Gottes Hauses, haben mich giessen lassen die Stifter der Meysenthaler Kirch ».

(*) L’entreprise Edel n’existe plus de nos jours. La seule fonderie de cloches qui subsiste en Alsace est la Sté Voegele, établie au 110 route des Romains à Strasbourg. Celle-ci, créée en 1908, est spécialisée dans la fabrication, l’installation, l’entretien et la restauration de cloches et d’horloges d’édifices. Cette entreprise a coulé, en septembre 2012 et en plein air, deux nouvelles cloches pour l’église protestante de Pfalzweyer, devant une foule nombreuse de spectateurs et d’officiels. La presse régionale s’en est d’ailleurs fait largement l’écho. Un site web publie un reportage et des images relatant les étapes de fabrication des cloches Voegele.
(**) Les plus anciennes cloches d’Alsace sont celles de l’église Saint-Georges à Haguenau: la Rathsglocke et la Sturmglocke (1800 et 900kg). Coulées en 1268 par Maître Heinrich, fondeur réputé de Haguenau, elles ont survécu aux guerres, aux incendies et aux révolutions. Ce sont les deux plus vieilles cloches datées, signées et toujours en activité en Europe et elles ont célébré en 2018 leur 750ème anniversaire.

[Merci à Gérard Krieger pour les montées au clocher de Weislingen, et à M. Weissenbacher René de Meisenthal pour les renseignements sur la cloche originaire de cette commune]

>>> voir aussi Les cloches de l’église protestante
>>> voir aussi Histoire de cloches: les sonneries